// A Suspicious River – Laura Kasischke

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C’est une disparition de femme. Une vie qui s’éteint petit à petit dans un brouillard étouffant.
C’est un thème récurrent chez Laura Kashischke. Avec ce premier roman, elle signe une longue série sur la vie des femmes hantées par leur passé, des femmes qui souhaitent disparaître de leur vie qui ne leur correspond pas.
Leila se prostitue pour fuir la monotonie, pour retrouver une partie de sa mère disparue trop tôt. Elle enchaîne les hommes dans cet hôtel de bord de route dans lequel elle est réceptionniste. Elle perd petit à petit sa famille, son mari, sa dignité, … Une descente aux Enfers qu’elle vit en dehors de son corps. Offrir son corps lui permet de sentir qu’elle existe encore. La violence des hommes la réveille un temps puis elle repart dans son semi coma quotidien.
L’écriture mélancolique de L. Kasischke nous fait passer de la tristesse à l’horreur en un instant. C’est glauque, terriblement gênant mais aussi terriblement humain.
La poésie de ce roman m’a de nouveau séduite.

// Fairyland de A. Abbot

Fairyland est une histoire d’amour entre une fille et son père, Une histoire d’amour entre un père et d’autres hommes, Une histoire d’amour entre deux être et leur liberté…
C’est un livre autobiographique débordant de tendresse qui aborde de nombreux sujets tabous sans censure ni violence. Alysia y parle de sa jeunesse avec son papa homosexuel, puis de son adolescence avec son papa homosexuel et malade.
Ce livre doit faire bondir tous les opposants aux mariage, adoption etc pour les homosexuels. Mais peut-être devraient-ils lire ce livre pour s’ouvrir un peu plus à cette communauté qui a tellement d’amour à partager?
Certes, ce roman n’aborde pas que les joies. Les peines et les problèmes sont présents dans le quotidien de cette famille atypique. Mais lorsque l’on voit l’amour d’Alysia ainsi que sa force, on se dit qu’un père homosexuel est tout aussi capable que les autres d’éduquer un enfant.
C’est un livre fort qui j’espère ouvrira l’esprit encore très fermé de certains !
Quand on voit le drame d’Orlando, on se dit que ce livre devrait être lu par le plus grand nombre …

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P.S : voir sa critique partagée par Babelio puis les Editions 10/18, c’est une véritable fierté qui me conforte dans l’idée de travailler un jour dans le monde de l’édition.

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// 5 jours ensoleillés au Portugal

Avec les événements de la semaine dernière, je n’avais pas le coeur à poster mes photos de vacances. Donc je me rattrape aujourd’hui.

Avec monsieur Chéri on est partit 5 jours au Portugal pour des vacances en amoureux. Première fois en avion (OMG, OMG ), première fois que je pose le pied au Portugal, premier cochon de lait, premiers mots en portugais …Bref, beaucoup de premières fois.

C’était un voyage rempli d’amour et de soleil (En débardeur au mois de novembre? qui l’eut cru  ), rempli de beaucoup de nourriture aussi ! Vous saviez que l’on pouvez avoir des courbatures à la machoire ? Et bah maintenant si…

Ce fut magnifiquement génial et j’ai hâte d’y retourner !

Boa noite !

 

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// Comment (re)vit-on 2 jours après le 13/11/2015

Je n’ai pas su trouver la force de dessiner l’horreur mais comme beaucoup j’ai besoin de m’exprimer.  Alors j’ai choisi les mots ce soir. Des mots bien insignifiants au regard des événements mais des mots qui me libéreront un peu de la pression qui m’étouffe depuis vendredi.

Je n’ai pas perdu de proches, je n’étais pas non plus sur les lieux, je n’ai pas vécu l’horreur de près mais seulement derrière un petit écran. Et pourtant j’ai pleuré. Longtemps. Et je pleure encore.

Ces rues que j’emprunte chaque semaine sont maintenant teintées de rouge. Des visages que je ne connaissais pas sont maintenant gravés dans ma mémoire et resteront à jamais figé dans une immobilité morbide. Ces sourires ne sont plus et qui ne seront plus jamais hantent mes journées. Il étaient jeunes ou un peu moins, ils s’appelaient Patricia, Fabrice , Mathieu, hommes, femmes, chrétiens, musulmans, bouddhistes… Ils avaient des enfants à qui ils ne lieront plus de contes de fée et qui demanderont surement où se trouvent leur papa ou leur maman. Ils avaient des femmes ou des maris qu’ils n’embrasseront plus le matin avant d’aller au boulot, des amis avec qui ils ne rigoleront plus un verre à la main, des familles qui sont maintenant à jamais détruites… Détruites par des connards qui se croient au dessus de tout au point de se permettre de briser des vies de façon abjecte. Des lâches qui exécutent des êtres humains pour un  Dieu auquel ils n’ont rien compris. Des gens qui nous ressemblent en apparence mais qui sont tellement différents.

Demain on sera lundi.  Il faudra reprendre ses activités. Monter dans un rer bondé, courir pour ne pas être en retard, discuter avec ses collègues comme si de rien était… Mais tout sera différent. Peur, angoisse, tristesse, … « Il ne faut pas tomber dans la psychose » Mais comment ne pas suspecter son voisin de Rer lorsque l’on a plus confiance en l’être humain, comment ne pas sursauter au moindre bruit,  comment sourire quand on ne croit plus en rien comment ne pas être sous pression à la moindre alarme de police ? Comment être heureux maintenant que l’on sait de quoi l’être humain est capable?

J’ai peur pour monsieur chéri qui travaille tout près de République. Je refuse de perdre celui qui m’aide à tenir debout depuis 2 ans.

J’ai peur pour mon petit frère qui va grandir dans cette violence. Je redoute ce moment où il va perdre son innocence et  ne plus croire en l’avenir.

J’ai peur pour mes amis qui sortent le soir. Je veux voir encore et toujours leurs sourires qui me rendent si forte.

Égoïstement, j’ai aussi peur pour moi. Je ne veux pas mourir sans avoir vécu les plus belles années de ma vie, sans avoir voyager, donner naissance, partager des moments de bonheur avec monsieur chéri.

Aujourd’hui j’ai 25 ans et je ne crois plus en l’avenir.